Biologie : offrir à tous la même qualité de service
Sylvain Martin
La mutualisation des analyses biologiques des HNO au sein du laboratoire de l’hôpital de Villefranche-sur-Saône a permis d’améliorer les délais d’examens, la qualité des résultats et la fiabilité des diagnostics. À Tarare, une plateforme délocalisée permet de réaliser les examens les plus urgents.
L’hôpital de Villefranche-sur-Saône reçoit désormais quotidiennement les prélèvements réalisés dans les 10 Ehpad et les 4 hôpitaux des Hôpitaux Nord-Ouest. Deux fois par jour, des navettes assurent la rotation avec les hôpitaux de Belleville-Beaujeu et de Trévoux, trois fois par jour pour les échantillons provenant de l’hôpital de Tarare. Au besoin, des taxis renforcent ce dispositif logistique.
Depuis sa rénovation et son emménagement dans un nouveau bâtiment en 2022, le laboratoire de biologie médicale de l’hôpital de Villefranche-sur-Saône offre ses services à l’ensemble des autres établissements des Hôpitaux Nord-Ouest. Auparavant, ces derniers recouraient à des laboratoires privés.
Un laboratoire central polyvalent
Les prélèvements qui arrivent à Villefranche sont répartis sur deux plateaux techniques, l’un consacré au sang et aux urines et l’autre à la microbiologie. Tous les patients des HNO ont désormais accès aux multiples spécialités du laboratoire polyvalent : biochimie, sérologie, hématologie, hémostase, immunologie, biologie moléculaire et microbiologie… « Regrouper les analyses à Villefranche a amélioré la prise en charge de nos patients hospitalisés. Il existe une continuité du parcours, l’ensemble des résultats de biologie sont chainés et accessibles à tous les médecins ce qui n’existait pas auparavant. De plus il existe un véritable dialogue entre les biologistes et les cliniciens. » explique le Dr Laurence Mouly, cheffe du service du laboratoire de biologie médicale.
Cette mutualisation de l’expertise du laboratoire aboutit à une harmonisation des procédures à la maîtrise des délais d’examens et de rendu des résultats. Pour le docteur Raphaël Brilland, médecin urgentiste, président de la commission médicale d’établissement de l'hôpital Tarare-Grandris : « La collaboration entre établissements permet de soigner plus efficacement et à moindre coût. Elle s’est construite progressivement. Nous traitons les mêmes patients : il est logique de partager un même laboratoire, et de travailler entre nous ».
Répondre aux urgences
Si les examens de routine des patients hospitalisés à Tarare sont analysés à Villefranche, il en va différemment quand il s’agit d’urgences. Certains examens biologiques doivent être réalisés dans des délais très courts. Par exemple, le dosage sanguin de la troponine (une protéine du muscle cardiaque) peut confirmer ou infirmer un diagnostic d’infarctus du myocarde, une urgence absolue. Les gaz du sang doivent quant à eux être analysés en 30 minutes maximum pour limiter les effets de la poursuite du métabolisme, la diffusion de l’oxygène à travers la seringue en plastique et la perte de potassium des globules rouges. Pour rapprocher la biologie des patients, le laboratoire de Villefranche a délocalisé, en octobre 2024, des automates de biologie au service des urgences de l’hôpital de Tarare, situé à 35 minutes de route, afin d’y réaliser sur place ces examens urgents.
Des automates de biologie délocalisée
Face à l’entrée des urgences, un bâtiment préfabriqué abrite les automates de ce laboratoire décentralisé. Ces machines analysent les échantillons sanguins pour y dénombrer par exemple la quantité de globules blancs, de globules rouges, de plaquettes… Certaines mesurent les taux de potassium ou d’oxygène dans le sang, d’autre détectent la présence de protéines caractéristiques de lésions cardiaques. Des infections virales, des surdosages en anticoagulant, des atteintes hépatiques ou pancréatiques, des atteintes des fonctions rénales sont mises en évidence par des dosages de paramètres biologiques. « Pour équiper ce laboratoire décentralisé et déterminer les examens qu’il était indispensable d’y réaliser, nous sommes partis des besoins exprimés par les urgentistes, en nous appuyant sur les recommandations de la Société Française de Biologie Clinique, » explique Laurence Mouly.
" Pour équiper ce laboratoire décentralisé et déterminer les examens qu’il était indispensable d’y réaliser, nous sommes partis des besoins exprimés par les urgentistes, en nous appuyant sur les recommandations de la Société Française de Biologie Clinique. "
Des délais réduits
« Pour rien au monde je ne reviendrai en arrière, » s’enthousiasme le Dr. Franck Mazière, chef du service des urgences de l’hôpital de Tarare où est installée cette unité de biologie décentralisée. Avant de disposer de cette plateforme, son service passait par un laboratoire de biologie médicale de ville, situé à proximité. Un technicien venait quotidiennement y chercher les prélèvements, parfois sur simple demande. « Le délai de rendu des résultats était en moyenne de 2h30. Depuis que nous disposons de notre propre laboratoire, pour 90 % de nos examens, les résultats tombent en moyenne en 20 minutes. Nous avons désormais la capacité de réaliser sur place, à tout moment, les examens urgents les plus courants, » souligne le médecin urgentiste qui rêve que tous les services d’urgence puissent disposer d’automates de biologie au sein des urgences, au moins pour les pathologies cardiaques ou rénales.
« Le délai de rendu des résultats était en moyenne de 2h30. Depuis que nous disposons de notre propre laboratoire, pour 90 % de nos examens, les résultats tombent en moyenne en 20 minutes. Nous avons désormais la capacité de réaliser sur place, à tout moment, les examens urgents les plus courants, »
Des résultats mesurables
Un premier bilan, à l’été 2025, a montré une diminution du temps de passage aux urgences d’environ trois quarts d’heure. Au-delà de la rapidité du temps d’analyse, ce chiffre reflète aussi un bénéfice pour les médecins et les patients : le fait que l’urgentiste ait connaissance des résultats de manière presque immédiate aboutit à une amélioration du diagnostic et de l’orientation du patient. « En apportant la biologie au chevet du patient, l’objectif est bien de parvenir à une prise en charge plus rapide et plus sûre, » confirme la cheffe de service du laboratoire central de biologie médicale. L’expérimentation a été concluante. Dès septembre 2026, grâce à des travaux d’extension du service des urgences, le plateau de biologie décentralisé va quitter son préfabriqué et intégrer durablement, les urgences de Tarare.
aux urgences des HNO-Tarare
aux urgences des HNO-Tarare
au laboratoire de biologie médicale des HNO-Villefranche-sur-Saône
au laboratoire de biologie médicale des HNO-Villefranche-sur-Saône