Diabète pédiatrique : à Pâques, n’interdisons plus le chocolat aux enfants

3 avril 2026
Enfant cherchant des oeufs de paques en chocolat

Pâques est bientôt là, avec sa traditionnelle chasse aux œufs en chocolat et ses repas en famille.

Il est encore courant d’entendre que les enfants atteints de diabète ne doivent pas manger de chocolat. Pourtant, cette interdiction n’est plus de rigueur.

"Tous les ans, à l’approche des fêtes, la question du chocolat revient" confie Sarah Bellet, infirmière en éducation thérapeutique. "Contrairement à il y a quelques années, nous ne recommandons plus d’exclure le chocolat, ni même les friandises en général, du régime alimentaire d’un enfant atteint de diabète."

Environ 150 enfants
sont suivis pour un diabète

à l’hôpital de Villefranche

Les enfants sont majoritairement touchés par le diabète de type 1, maladie auto-immune. Les anticorps du système immunitaire se trompent de cible et détruisent les cellules du pancréas sensées produire l’insuline. Or c’est cette hormone qui aide notre corps transformer le sucre en énergie.

Trouver le bon équilibre

Le chocolat, surtout celui apprécié par les enfants, contient du sucre. C’est ce glucide qui fait monter la glycémie. Il faudra donc injecter de l’insuline, idéalement avant de manger le chocolat, pour maintenir la glycémie dans la norme. 

"La gestion du diabète est bien différente d’il y a quelques années. Aujourd’hui, on considère que c’est au diabète de s’adapter à la vie de l’enfant et non l’inverse" précise Dre Myriam Remillieux, pédiatre diabétologue à l'hôpital de Villefranche-sur-Saône.

Les enfants et leurs parents apprennent rapidement à repérer les glucides dans l’alimentation et donc à adapter la quantité d’insuline en conséquence. Si l’enfant mange peu de glucides, on injectera peu d’insuline. A l’inverse, s’il mange beaucoup de glucides, on injectera davantage d’insuline. C’est ce qu’on appelle l’insulinothérapie fonctionnelle.

L’activité physique joue également sur le taux de glycémie et donc sur la quantité d’insuline nécessaire à injecter. 

Manger du chocolat et profiter des moments en famille

Le chocolat n’est donc pas interdit. En revanche, comme pour tous les enfants (et même les adultes), il ne faut pas en abuser.

Finalement, il est recommandé : 

  • De manger le chocolat lors d’un repas pour qu’il soit accompagné, et en quantité raisonnable
  • D’éviter les grignotages 
  • De privilégier du chocolat de bonne qualité et à teneur plus élevée en cacao (60 % et plus), car ces chocolats contiennent généralement moins de sucre.

A Pâques, on peut aussi remplacer le traditionnel œuf en chocolat par un livre, des gommettes ou autres, qui feront tout aussi plaisir aux enfants. 

Les repas de Pâques sont l’occasion de repas en famille, souvent plus riche en calorie. "Il faut donc essayer d’adapter au mieux les doses d’insuline, mais aussi ne pas oublier de profiter du moment. Pâques, ce n’est pas tous les jours" insiste Sarah Bellet. "Le plus important est de faire de son mieux ces jours-là : profitez, amusez-vous, jouez dehors et célébrez le retour du printemps !"

Autonomie et prévention, le combo gagnant

Le seul traitement médicamenteux du diabète de type 1 reste l’injection d’insuline.

Aujourd’hui, plusieurs techniques d’administration de l’insuline existent. A l’hôpital de Villefranche, les trois méthodes sont proposées : 

  • L’insulinothérapie au stylo : les injections d’insuline rapide se font à chaque repas à l'aide d'un stylo injecteur. A cela s’ajoute une injection d’insuline lente le soir. 
  • L’insulinothérapie par pompe à insuline : un petit boitier relié à un cathéter qui injecte régulièrement une dose d’insuline basale programmée en fonction des besoins de l’enfant. L’insuline pour les repas est également injectée via la pompe à insuline, par l’enfant ou sa famille, en renseignant la dose nécessaire sur le boitier.  
  • Les systèmes d’administration semi-automatisés d’insuline (boucle fermée hybride) : Ce sont des pompes à insuline, couplées à un capteur de glycémie en continu, qui régulent de façon semi-automatique la dose d’insuline à administrer, en se basant sur de l’intelligence artificielle embarquée.

Les enfants sont vus en consultation tous les 3 mois environ par l’une des pédiatres diabétologues des HNO.

En parallèle, les enfants peuvent participer à des ateliers d’éducation thérapeutique, animés par une infirmière d’éducation thérapeutique spécialisé. "Nous abordons des thèmes pour accompagner l’enfant et sa famille dans la vie quotidienne et pour leur donner les clefs de compréhension de la maladie" explique Sarah Bellet, infirmière en éducation thérapeutique. "Nous proposons également des ateliers ciblés pour aider les enfants à gagner en autonomie. Par exemple, nous accueillons les enfants de CM2 pour les préparer à l’entrée en 6°. Nous organisons également des sorties, sans la présence des parents, pour aider les enfants à adapter leur traitement à l’extérieur, en fonction de leur repas et de leur activité physique."

En fonction des besoins, des rencontres avec psychologue, diététicien ou assistant social peuvent être organisées.

"L’objectif de notre prise en charge pluridisciplinaire est de rendre autonome l’enfant, et ses parents selon l’âge, afin de l’aider à appréhender la maladie, de connaitre son corps et de vivre avec la maladie, sans la subir" conclu Dre Myriam Remillieux.

Signes d’alertes

Le diabète s’installe discrètement chez l’enfant. Ainsi, les premiers signes doivent alerter et conduire les parents à consulter le médecin traitant de leur enfant rapidement : 

  • boit beaucoup
  • a souvent besoin d’uriner, se remet à faire pipi au lit
  • perd du poids malgré un appétit conservé
  • est très fatigué, sans explication
  • et dans des cas extrêmes, a des vomissements et perd connaissance.